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Qui contrôle les réviseurs?

mardi, 17. janvier 2012

Dans la NZZ am Sonntag du 8 janvier 2012, un article consacré au rapport sur les transactions en devises réalisées dans l'entourage du président de la Banque nationale pose la question de savoir qui contrôle les réviseurs. Nous sommes bel et bien contrôlés, je tiens à le dire, et de manière nettement plus approfondie que ces journalistes et ces responsables politiques!

L'organe de révision de la Banque nationale suisse (qui n'est pas BDO) a été chargé d'examiner les transactions privées effectuées par le Directoire de cette dernière. Il est parvenu à la conclusion qu'il n'y avait eu aucune infraction au règlement. Selon la NZZ am Sonntag, Hans Geiger, professeur émérite pour les questions bancaires, a affirmé qu'il s'agissait d'une «expertise de complaisance». C'est intéressant. D'autres publications donnent à cela l'explication suivante: la société de révision de la Banque nationale recevrait des honoraires exorbitants pour contrôler cette dernière et n'aurait donc en aucun cas pu remettre un rapport critique.

Les auditeurs rédigent exclusivement des rapports sur les comptes annuels et d'autres éléments ayant trait à l'économie d'entreprise pour des clients qui les payent. En raison des normes professionnelles élevées, dont des règles d'éthique et d'indépendance, ils s'acquittent parfaitement de cette tâche et contribuent au bon fonctionnement de l'économie. Les exemples cités dans l'article de la NZZ am Sonntag, censés démontrer la complaisance des auditeurs, sont loin de satisfaire à de telles exigences. Aucun ne prouve – alors qu'il faudrait ici des faits – qu'un auditeur a sciemment remis un faux rapport (ou une expertise de complaisance)!

Indépendance, professionnalisme et appréciations sur la base de faits clairement établis font partie du quotidien de l'auditeur. Toute infraction à cette règle d'indépendance est sévèrement sanctionnée par l'Autorité fédérale de surveillance en matière de révision ASR. La réalisation d'un rapport délibérément faux est répréhensible; les auditeurs le savent bien. Par conséquent, si l'on a besoin d'une expertise de complaisance, mieux vaut ne pas s'adresser à un auditeur.

Pour moi, une question reste en suspens, à savoir le degré d'indépendance des rapports remis par des professeurs qui, comme chacun sait, sont également payés par leurs donneurs d'ordre. J'espère que ces documents satisfont aux mêmes critères que ceux des auditeurs!

Werner Schiesser